Nicolas Sarkozy vient d'approuver le rapport Olivennes sur le développement et la protection des oeuvres culturelles sur les nouveaux réseaux. Cette mission a été confiée en toute objectivité à Denis Olivennes, PDG de la Fnac, Groupe Printemps Pinault Redoute.

Les internautes qui téléchargeront illégalement via des réseaux peer-to-peer recevront 3 avertissements par mail puis seront punis. Leur connexion Internet sera alors coupée.

Ce sont les fournisseurs d'accès qui seront chargés de contrôler en filtrant les réseaux.

Dans son discours d'approbation à ce rapport, Monsieur Répression a ainsi prôné un "internet civilisé", sans ces "hors la loi" qui pillent "sans réserve les créations"...

Cette nouvelle forme de répression punitive en fait réagir plus d'un et ravive la flamme du Parti Pirate Français qui se lance dans la lutte contre le fichage et le filtrage.



Sérieusement, Sarkozy croit-il vraiment que ce système punitif va être efficace et va sauver l'industrie musicale ? N'a-t-il pas conscience que le modèle économique actuel est largement périmé ? Ne sait-il pas qu'un pansement antiseptique ne suffit pas à éliminer la gangraine ?

Tous nos technocrates se foutent de cette nouvelle donne musicale. Et pourtant...

  • Le téléchargement gratuit (ou "illégal" comme ils disent) permet tout simplement l'accès à la culture.
  • Les internautes téléchargent aussi et surtoute des albums qu'ils n'auraient jamais acheté. Cela permet donc aux artistes de se faire mieux connaître.
  • La musique c'est aussi des concerts. Les internautes payent cher pour aller dans des concerts et y vont régulièrement.
  • Les internautes, aguichés par un single sexy et matraqué sur toutes les radios, en ont assez de se faire léser en achetant un album complet dont la majorité des morceaux sont très moyens.
  • Les internautes en ont marre de payer 20 Euros un album qu'ils n'écouteront peut-être moins d'une dizaine de fois. Surtout qu'en ce moment, notre pouvoir d'achat, à nous pauvres français, c'est pas trop ça...

Pour le coup, le téléchargement "gratuit" ne profite pas à ces grands artistes commerciaux qui ne font des concerts que lorsqu'ils sortent un album. Le P2P donne la part belle aux jeunes artistes en permettant une diffusion plus large de leurs oeuvres et en augmentant le remplissage des salles de concerts.

Alors oui, rien n'est gratuit. Oui, les artistes ne sont pas assez rémunérés sur la vente de leurs disques. Oui, le peer-to-peer fait perdre de l'argent aux producteurs et distributeurs paralysés devant cette nouvelle donne qui met à mal leur modèle économique. Mais de là à ce que l'Etat se mette à genoux face au lobbying des très puissants et tentaculaires industriels...

Le rapport est disponible sur le site du Ministère de la Culture. Je me suis arrêtée au sommaire qui contient 7 fois le mot "sanction". Ca m'a donné mal à la tête. Il est vrai que dans notre pays, une des solutions efficace et rapide pour modifier les comportements est la répression...

Quoiqu'il advienne, je suis certaine que de nouvelles mécaniques de téléchargement "gratuit" vont se mettre en place bien plus vite que ces foutues mesures légales.